Voir grand : épanouissement personnel et bien-être collectif
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Depuis l'aube de l'existence humaine, les individus se sont débattus avec des questions profondes : « Pourquoi suis-je ici ? » « Que fais-je ? » « Pourquoi est-ce important ? » « Quel est mon but ? » « À quoi bon tout cela ? ». Nous nous trouvons dans une « Terre d'abondance », où la prospérité a bondi et où la faim et la guerre ont diminué, et pourtant beaucoup manquent encore d'une raison fondamentale de se lever le matin. Cette insatisfaction collective suggère que nos vies courtes ne consistent pas simplement à exister, mais à mener une quête plus profonde. C'est une chance extraordinaire de se découvrir soi-même, de comprendre ses raisons d'être données par Dieu, et de s'engager de manière significative avec le monde. Comme le suggèrent certaines sources, le parcours de la vie serait moins une question de trouver une carte fixe que de « faire du hors-piste » vers un but bien plus grand.
Les émotions courantes qui empêchent une vie épanouie
Malgré ce désir inhérent de sens, plusieurs émotions humaines courantes et croyances dysfonctionnelles peuvent empêcher les individus de vivre une vie véritablement épanouie.
- La peur et les croyances limitantes : de nombreuses personnes sont retenues par un « fantôme invisible » qui chuchote des doutes comme « Tu n'es pas assez intelligent » ou « Tu as manqué ta seule chance ». Cette peur peut se manifester par la procrastination, une agitation excessive, ou la rationalisation de l'inaction, amenant finalement les individus à se contenter de moins.
- La honte et la déconnexion : la honte est une émotion universelle et intensément douloureuse, définie comme « la peur de la déconnexion » et la croyance que nous sommes imparfaits et indignes d'amour et d'appartenance. Elle amène les individus à assimiler ressentir à échouer, les émotions à des faiblesses, les poussant à rester petits, rancuniers et craintifs. Cela se manifeste par le perfectionnisme, une croyance addictive selon laquelle paraître et agir parfaitement permet d'éviter la honte, le jugement et le blâme. Or, la perfection est inatteignable, et cette quête ne fait que perpétuer davantage de honte.
- Les comportements d'engourdissement : pour échapper à la vulnérabilité et aux émotions difficiles, les gens recourent souvent à des stratégies d'engourdissement, comme être « fou de travail ». Bien qu'apparaissant comme un moyen de faire face, l'engourdissement atténue indistinctement toutes les émotions — aussi bien les douloureuses que les expériences d'amour, de joie, d'appartenance, de créativité et d'empathie. Cela empêche un véritable engagement avec la vie et la découverte de soi.
- La culture du « jamais assez » et l'état d'esprit de rareté : la société envoie souvent le message qu'une vie ordinaire est dénuée de sens, entraînant un sentiment constant de « jamais assez bien ». Cet état d'esprit de rareté nourrit la jalousie, la cupidité et les préjugés, rendant les individus insatisfaits d'eux-mêmes avant même le début de leur journée.
- La comparaison et la validation externe : comparer sa vie et ses ambitions à celles des autres est un « piège » qui détourne les individus de leur propre but singulier. S'inquiéter de ce que pensent les autres est une habitude destructrice et égocentrique qui peut nuire à la capacité d'agir. L'envie, en particulier l'envie malveillante, stimule les centres de la douleur dans le cerveau et peut gravement nuire à son propre avenir.
- Le workaholisme et l'auto-objectivation : de nombreuses personnes travailleuses tombent dans le workaholisme, utilisant le travail comme une distraction face à une douleur sous-jacente ou un mariage difficile. Cela empêche de s'attaquer aux problèmes de fond et peut endommager les relations familiales. L'auto-objectivation, où l'on se définit par son emploi ou sa carrière, engendre un patron intérieur tyrannique qui exige un travail constant et n'accorde aucune clémence, laissant l'individu démuni en cas de déclin professionnel.

Bâtir une vie de sens et de joie
Heureusement, la vie est un « projet de conception joyeux et sans fin », et en pensant comme un designer, les individus peuvent tracer leur chemin en avançant. Cela implique d'adopter des états d'esprit spécifiques et de travailler activement sur des domaines clés de la vie.
1. Adopter les états d'esprit du design thinking :
- La curiosité : soyez curieux de tout, car cela rend la vie nouvelle et invite à l'exploration. Par exemple, face à quelque chose de nouveau, demandez-vous : « Que voudrait savoir quelqu'un que cela intéresse ? Comment cela fonctionne-t-il ? Pourquoi le fait-on de cette façon ? ».
- Le biais pour l'action (essayer des choses) : au lieu de trop réfléchir, engagez-vous à construire votre chemin en essayant des choses. Vous n'avez pas besoin de connaître votre passion ; à la place, « prototypez quelques vies potentielles, essayez-les, et voyez ce qui résonne vraiment ». Par exemple, « construisez vos prototypes en recherchant activement des entretiens et expériences de conception de vie ».
- Le recadrage : c'est un état d'esprit puissant qui aide à générer de nouvelles idées pour concevoir sa vie. En cas de blocage, recadrez le problème pour ouvrir de nouvelles possibilités, plutôt que de chercher une seule « meilleure solution ».
- La conscience : reconnaissez que la conception de sa vie est un processus continu. Soyez conscient de là où vous en êtes en réalisant une « évaluation de conception de vie » dans quatre domaines clés : santé, travail, jeu et amour. Par exemple, « marquez où vous en êtes (de 0 à Plein) sur chaque jauge » pour le Travail, le Jeu, l'Amour et la Santé, et « rédigez quelques phrases sur la façon dont ça se passe dans chacun de ces quatre domaines ».
- La collaboration radicale : comprenez que la conception de sa vie est un effort collectif et que vous n'êtes pas seul. Les meilleures idées viennent souvent des autres. « Constituez une équipe » ou « créez une communauté » et « tenez un journal des demandes d'aide dans lequel vous notez les questions que vous voulez poser ».
2. Répondre aux questions fondamentales pour se découvrir soi-même :
- Engagez-vous dans une réflexion personnelle profonde pour répondre à : « Qui es-tu ? Où en es-tu ? Que veux-tu ? ». Ces questions, bien que simples, sont cruciales pour découvrir vos plus belles ambitions. Par exemple, reconnaissez votre situation actuelle avec une « honnêteté brutale », en admettant que « là où vous êtes aujourd'hui n'est que le port d'où votre navire est sur le point de partir ».
- Construisez votre boussole : développez une « vision du travail » (votre philosophie du travail — à quoi il sert, ce qu'il signifie pour vous) et une « vision de la vie » (vos idées sur le monde et ce qui donne du sens à la vie). L'objectif est la « cohérence », où « qui vous êtes, ce que vous croyez et ce que vous faites » s'alignent. Comme exercice, rédigez une courte réflexion (environ 250 mots) sur chacune, puis analysez où elles se complètent et où elles s'opposent.
- Identifier et évaluer ses ambitions : notez toutes les ambitions auxquelles vous pouvez penser, y compris les envies passées. Soyez précis ; au lieu de « mener une vie heureuse », demandez « Qu'est-ce qui te rendrait heureux et épanoui ? » (par exemple, « avoir un chiot » ou « donner deux millions de dollars »). Évaluez ces ambitions en demandant : « Est-ce porteur de sens ? Est-ce que ça durera ? Est-ce que ça aidera les autres ? Est-ce possible ? ». Ne rejetez pas une ambition simplement parce qu'elle semble difficile ou improbable.
3. Gérer ses émotions et se tourner vers l'intérieur pour mieux se tourner vers l'extérieur :
- Pratiquer la métacognition : apprenez à choisir comment vous réagissez face aux circonstances négatives. Observez vos émotions comme si elles arrivaient à quelqu'un d'autre, acceptez-les, et notez-les pour en reprendre le contrôle. Par exemple, si votre travail est stressant, prenez quelques minutes chaque heure pour noter ce que vous ressentez, puis consignez vos expériences quotidiennement pour voir comment vous avez réagi de façon constructive.
- Choisir de meilleures émotions (substitution émotionnelle) : remplacez activement les émotions négatives par des vertus comme la gratitude, l'humour, l'espoir et la compassion.
- La gratitude : notez chaque semaine cinq choses pour lesquelles vous êtes véritablement reconnaissant, y compris les personnes que vous aimez. Cette pratique peut renforcer la concentration et la résilience.
- L'espoir : comprenez que l'espoir est un choix actif, pas simplement de la chance. Imaginez en détail un avenir meilleur, puis prenez des actions concrètes pour y parvenir.
- La compassion : au lieu de l'empathie, qui peut vous entraîner vers le bas quand les autres souffrent, cultivez la compassion, qui est associée à une réduction de la douleur et à davantage d'énergie.
- Se concentrer moins sur soi-même : cela conduit à un plus grand bien-être. Engagez-vous dans des actes moraux pour les autres. Pratiquez l'« émerveillement » en vous émerveillant du monde qui vous entoure pour diminuer l'absorption en soi. Cessez de vous soucier de ce que les autres pensent de vous, car cette préoccupation est destructrice. Pour contrer l'envie, révélez votre « moi peu enviable » en étant honnête sur vos échecs autant que sur vos réussites ; cela vous rend plus sympathique et réduit l'envie malveillante chez les autres.
4. Construire sa vie sur quatre piliers essentiels : une fois vos émotions maîtrisées, vous pouvez bâtir intentionnellement sur les quatre piliers fondamentaux du bonheur : la famille, l'amitié, le travail et la foi.
- La famille : « mettez d'abord votre propre masque à oxygène » en prenant soin de votre propre bonheur avant d'essayer de changer la dynamique de votre famille, surtout face à un proche malheureux. Pratiquez l'honnêteté avec transparence et amour, même si c'est difficile, car la recherche montre que c'est un chemin vers le bonheur.
- L'amitié : cultivez de « vrais amis » — ceux qui sont « inutiles » à vos ambitions mondaines et avec qui vous pouvez partager en profondeur. Visez à avoir au moins un ami proche en dehors de votre conjoint.
- Le travail : recherchez les récompenses intrinsèques (le succès mérité et le service aux autres) plutôt que les récompenses purement extrinsèques (argent, pouvoir). Par exemple, trouver « du sens dans presque n'importe quel emploi » peut apporter un plus grand épanouissement, comme ce titulaire d'un MBA qui a trouvé de la joie à servir à table en traitant tous les clients de façon égale. Ne vous définissez pas par votre emploi ; créez un espace entre le travail et la vie en prenant de vraies vacances et en entretenant des relations en dehors du travail.
- La foi : adoptez des croyances et des expériences transcendantales, car elles favorisent scientifiquement le bonheur en fournissant un but et en protégeant contre la dépression et l'anxiété. Pratiquez la pleine conscience en étant présent à l'instant pour lutter contre la distraction et le souci de soi. Commencez simplement, par exemple par la prière, la lecture de textes de sagesse, ou des promenades dans la nature sans appareils. L'objectif ultime devrait être de rechercher la vérité et le bien d'autrui, plutôt que le gain personnel.
5. Passer à l'action et ne jamais cesser d'apprendre :
- « Faites quelque chose. Descendez la falaise. Pagayez à travers les vagues. Ne restez pas sur la touche ; entrez dans le jeu ». N'attendez pas la perfection ; concentrez-vous sur le progrès, même par petits pas. Comme le suggère Bob Goff, arrêtez toute la planification et « posez l'avion » en agissant.
- Le repos est vital pour maintenir sa conviction et éviter l'épuisement ; ce n'est pas de la paresse, mais fait partie de la préparation de vos prochaines étapes.
- Devenir l'enseignant : pour vraiment ancrer ces principes, enseignez ce que vous avez appris à quelqu'un d'autre, même à un « objet inanimé ». Cet acte d'expliquer approfondit votre compréhension et constitue un acte d'amour envers les autres.
En fin de compte, construire une vie bien vécue et joyeuse est un processus continu et itératif, centré sur l'amour et la conception continue de soi.
Sources référencées
- Designing your life : how to build a well-lived, joyful life par William Burnett et David J. Evans
- Dream Big: Know What You Want, Why You Want It, and What You're Going to Do About It par Bob Goff
- Utopia for Realists par Rutger Bregman (et traduit par Elizabeth Manton)
- Daring Greatly: How the Courage to Be Vulnerable Transforms the Way We Live, Love, Parent, and Lead par Brené Brown, Ph.D., LMSW
- Build the Life You Want: The Art and Science of Getting Happier par Arthur C. Brooks et Oprah Winfrey